Le bonheur de désencombrer

Est-ce que tu envies les photos d’intérieurs épurés et bien rangés que l’on voit dans les magazines? Moi oui! Non seulement on dirait que mes enfants prennent un malin plaisir à étendre leurs jouets (et mes choses) n’importe où, mais j’ai constamment l’impression d’avoir trop d’objets sur mes comptoirs ou mes étagères, ou même dans mes tiroirs et mes placards. Bref, je me sens envahie. C’est pourquoi depuis un an, j’essaie d’épurer le plus possible (même si ce n’est pas toujours facile) et à chaque fois, je me sens tellement mieux! Comme si je m’étais départie d’un poids, ou comme si j’avais enfin réussi à enlever une petite roche qui se serait glissée dans mes souliers. Mais se débarrasser d’objets nous rend-il vraiment plus heureux, comme le prétendent les spécialistes du rangement? Et si oui, comment faire pour désencombrer efficacement son intérieur afin d’avoir un impact réel et durable sur notre bien-être?

Vivre à travers les objets

Dans les pays occidentaux, nos lieux de vie contiendraient 10 fois trop d’objets de toutes sortes. Oui, oui, tant que ça! On accumule ainsi à outrance vêtements, articles de cuisine, accessoires de décorations, outils, souvenirs de voyage… Ceci serait dû non seulement au fait que notre société encourage la surconsommation, mais aussi à la pulsion d’accumulation qui est innée chez l’humain. On le voit même chez les enfants : mon garçon, par exemple, est un collectionneur-né. Partout où il va, il a envie de ramasser des roches, des cocottes, des feuilles ou tout autre petit objet qu’il trouve. Cette manie a permis à nos ancêtres de survivre en accumulant des objets pour se protéger du froid et de la famine, par exemple. C’est donc dire que nous avons naturellement envie d’accumuler des choses pour assurer notre confort.

Un autre phénomène qui explique notre besoin d’accumuler des objets est le fait qu’aujourd’hui, nos possessions renvoient une image de ce que l’on est aux autres et à nous-même. C’est ce qu’on appelle la théorie du soi étendu. De plus, les objets nous rassurent et viennent combler un vide existentiel qui, bien souvent, n’est que dans notre tête.

Photo by Jazmin Quaynor on Unsplash

Les bienfaits de désencombrer sur notre bien-être

Alors, pourquoi vouloir désencombrer si accumuler des objets nous donne un sentiment de sécurité? Parce qu’un surplus d’objets a, à la longue, l’effet complètement inverse. C’est d’autan plus vrai que, depuis quelques années, la tendance du cocooning nous amène à voir notre maison comme un cocon douillet, un refuge où passer du temps et se ressourcer. Pourtant, notre intérieur surchargé fait en sorte que l’on s’y sent à l’étroit et accablé alors que que l’on voudrait plutôt s’y sentir bien.

Faire le ménage dans notre tête

Psychologiquement, notre intérieur est bien souvent le reflet de notre état d’esprit. Les personnes qui ont des espaces de vie bien rangés sont souvent des personnes tout aussi organisées dans leur quotidien alors qu’au contraire, les personnes bordéliques ont tendance à être des personnes désordonnées. Si certains semblent très bien vivre dans le désordre, il est reconnu qu’un espace qui déborde d’objets accapare notre cerveau qui y voit autant de choses à ranger, donc des tâches à faire. C’est pourquoi une pièce en désordre nous épuise et nous stresse au lieu de nous faire sentir mieux.

Se défaire de la pollution visuelle

Quand une pièce est encombrée, notre œil ne sait pas où se poser : il va donc balayer constamment la pièce et passer d’un objet à l’autre, ce qui épuise. Ce phénomène est d’ailleurs reconnu en publicité où les espaces blancs (ou «vides») jouent un rôle-clé. En effet, les espaces vides permettent à notre cerveau de voir tout de suite les choses essentielles. Une publicité surchargée fait en sorte que la personne risque de passer outre notre message, parce qu’il y a simplement trop de choses à lire et à voir : celle-ci n’est donc pas efficace et rate complètement sa cible.

Je te l’accordes : notre lieu de vie n’est pas une publicité. Par contre, désencombrer permet de se défaire d’une certaine pollution visuelle qui nous détourne de l’essentiel. Par exemple, dans un salon, que souhaites-tu voir en premier : ton divan confortable ou les objets qui traînent pèle-mêle? De plus, avoir la vue dégagée de tout obstacle visuel crée un effet de perspective qui est reconnu en biophilie pour favoiser un sentiment de liberté, d’ouverture, de sécurité et de contrôle.

Se sentir plus libre

L’enjeu, aujourd’hui, c’est que l’on souhaite se sentir plus légers et plus en accord avec soi-même. Se départir du superflu permet de se libérer de ce que signifient les objets pour nous, de tourner la page sur le passé et de se défaire de ce qui ne nous est plus utile. Il implique aussi de se consacrer davantage à l’instant présent, à ce dont nous avons réellement besoin ici et maintenant et non pas à ce dont on peut avoir besoin dans 10 ans.

De plus, pour plusieurs personnes, désencombrer mène à une réflexion beaucoup plus profonde sur leur relation à l’objet et leur permet de revoir leurs habitudes de consommation. On réalise bien souvent que l’on achète énormément de choses sur un coup de tête ou une impulsion qui n’a pas toujours sa raison d’être. Désencombrer peut donc t’amener un sentiment de liberté face à tes propres achats et faire en sorte que tu te sentes moins obligée de te procurer certains objets simplement parce que c’est la mode, par exemple.

Consacrer moins de temps à ranger et à nettoyer

En ayant moins d’objets, on consacre par le fait même beaucoup moins de temps à déplacer les objets, à les nettoyer et à les ranger. Ceci nous donne ainsi plus de temps pour profiter des choses qui comptent vraiment pour nous et pour passer plus de temps avec la famille et les amis.

Retrouver plus facilement ses affaires

Désencombrer permet également de retrouver plus facilement et plus rapidement les objets dont on a besoin. Les jeux de type cherche et trouve en sont la preuve : c’est tout un défi de retrouver des objets au travers de nombreux autres objets hétéroclites!

Ranger et trier : une action thérapeutique

Le fait de ranger et de faire le tri est par ailleurs thérapeutique au sens où elle découle de ce que l’on appelle l’«activation comportementale». Ce type de thérapie consiste à réaliser une action ou une tâche avec un but défini. Ceci a pour effet de nous faire sentir plus en contrôle et nous donne le sentiment d’avoir accompli quelque chose une fois qu’elle est terminée, d’où la sensation de bien-être qui en découle.

Photo par Samantha Gades sur Unsplash

Comment désencombrer efficacement son intérieur

Par où commencer pour désencombrer? Devant l’immensité de la tâche à accomplir, il est normal de ne pas savoir où donner de la tête. Près de la moitié des personnes qui souhaitent effectuer un tri dans leurs possessions sont dépassés par la tâche et ne savent pas par où commencer ou comment s’y prendre, si bien qu’ils retardent le moment de le faire.

Aussi, beaucoup vont avoir pour réflexe de désencombrer en achetant simplement plus de meubles de rangement. Erreur! Si les meubles peuvent être utiles dans certains cas pour ranger efficacement nos effets personnels, il n’en demeure pas moins que l’idée de désencombrer n’est pas seulement de prendre nos objets et de les cacher, mais justement de limiter nos possessions et de se départir de ce qui ne nous sert plus afin de simplifier notre intérieur et notre vie. Tu n’es pas non plus obligée de devenir minimaliste si tu ne le souhaites pas : il faut que tu trouves ton propre équilibre entre posséder trop de choses et ne pas en posséder assez.

Pour t’aider dans ta démarche, voici les étapes pas à pas pour désencombrer efficacement ton intérieur et pourvoir profiter des nombreux bienfaits d’un espace bien rangé et épuré.

1— Trouver son objectif

Avant de commencer à désencombrer, il est bien de te demander ce qui te pousse à le faire. Que souhaites-tu en retirer comme bénéfice? Veux-tu consacrer moins de temps à ranger, à faire le ménage ou la lessive? Veux-tu un intérieur qui respire et dans lequel tu te sens bien? Trouver la raison pour laquelle tu désencombres va t’aider à rester motivée.

Voici quelques exemples de raisons pour désencombrer :

  • Avoir plus de temps pour ce qui compte vraiment;
  • Se sentir moins stressée;
  • Trouver plus facilement et rapidement ses choses;
  • Se sentir plus libre;
  • Apprécier davantage ce que l’on possède;
  • Avoir plus d’espace chez soi.

Pour t’aider à rester motivée, tu peux créer un moodboard avec des images et des citations inspirantes qui représentent ton objectif et l’exposer bien en vue. De cette façon, si jamais tu te décourages, tu pourras te rappeler POURQUOI tu as commencé cette démarche de désencombrement.

2— Commencer tranquillement

Certaines personnes vont peut-être préférer y aller d’un coup, comme on enlève un diachylon. Par contre, ce n’est pas ce qui est conseillé de faire. En effet, pour beaucoup d’entre nous, le processus de désencombrement est long et peut même s’avérer difficile psychologiquement, parce qu’on se rend bien vite compte que l’on est énormément attaché aux objets. Il vaut donc mieux s’y attaquer lorsque l’on se sent prêt, mais aussi, y aller par petites doses. L’important est de ne pas se brusquer et d’y aller à son rythme.

Par exemple, l’experte en rangement Elvira Petit suggère de commencer par le tri des papiers administratifs, puisque aucune émotion n’y est rattachée. En suivant ce même principe, on peut aussi commencer par désencombrer notre salle de bain ou nos armoires de cuisine de tous les articles périmés qui n’ont plus lieu d’être. Se faisant, on aura peut-être ensuite envie de procéder à un désencombrement plus complet de nos espaces de vie.

3— Localiser notre désencombrement

Dans le même esprit que celui de commencer tranquillement, il est préférable de focaliser notre attention sur une pièce, un meuble, un tiroir ou un placard à la fois. De cette façon, les chances sont que l’on voit plus rapidement les effets de son processus de désencombrement. On a aussi tendance à se décourager moins facilement devant l’ampleur de la tâche. En désencombrant de façon localisée, on circonscrit également le désordre que l’on crée pendant que l’on trie nos différents objets.

4— Faire l’inventaire de ses possessions

Si on veut vraiment désencombrer, il faut TOUT vider. Parce que oui : pour mieux ranger, il faut d’abord «dé-ranger». Cette étape est primordiale pour éviter d’avoir un même objet en plusieurs exemplaires. On met tout sur le lit, par terre, ou sur une table. On classe ensuite les éléments qui ont une fonction semblable ensemble. Pour t’aider, tu peux prendre une feuille et y inscrire tes conclusions : y a-t-il des choses que tu as en trop? Si oui, lesquelles?

Après ça, on fait quatre piles :

  • Une pile d’objets que l’on veut absolument garder;
  • Une pile d’objets abîmés;
  • Une pile d’objets en trop;
  • Une pile d’objets qu’on n’est pas sûr si on doit garder ou non.

5— Trier sa pile d’objets abîmés

Pour chaque objet abîmé, il faut se poser les questions suivantes :

  • Cet objet peut-il être réparé? Si la réponse est non, on jette!
  • Vais-je vraiment utiliser cet objet si je le répare? Si oui, on le fait réparer. Si non, on le donne à quelqu’un qui peut en avoir besoin.

6— Trier sa pile d’objets en trop

Ça ne sert souvent à rien d’avoir le même objet en deux, trois voire quatre exemplaires ou plus : on les donne à des proches, à des friperies, à des organismes de charité ou on les met à vendre sur des sites de petites annonces comme Marketplace (Facebook), Kijiji ou LesPAC.

7— Conserver uniquement ce qui nous est utile

Une fois qu’on a trié ses objets abîmés ou en trop, il est maintenant temps de revoir sa pile d’objets que l’on veut absolument garder. Pour chaque objet, on doit se demander si il nous est vraiment utile.

Quelques pistes pour savoir si un objet nous est réellement utile :

  • Quelle est son utilité? Est-ce que celle-ci est récurrente, c’est-à-dire que tu en as besoin pour quelque chose de précis à chaque année? C’est le cas, par exemple des décorations de Noël;
  • Quand l’ai-je utilisé pour la dernière fois? Si ça remonte à plus de un an, les chances sont que tu ne t’en serviras jamais;
  • Si tu es tenté de garder un objet seulement «au cas où» tu en aurais besoin, demandes-toi : Au cas où quoi? Quel est ce «au cas où»? Bien souvent, on réalise qu’on garde cet objet pour un «au cas où» qui n’existe pas vraiment;
  • Si tu souhaites le garder pour plus tard, par exemple, pour tes enfants ou tes petits enfants, demandes-toi : cet objet risque-t-il d’être démodé ou désuet plus tard? De plus, on ne pense pas toujours à ça, mais les objets que l’on n’utilise pas ont tendance à dépérir avec le temps si ils ne sont pas entreposés correctement.

8— Faire une boîte de «Ne sais pas»

On prend la pile d’objets que l’on n’est pas certain de devoir garder ou non, on met tout dans une boîte et on l’entrepose pour quelques mois, généralement entre 6 mois et 1 an maximum. Si on n’a pas utilisé les objets contenus dans cette boîte d’ici là, on s’en débarrasse : c’est qu’on n’en a pas besoin.

Photo par Element5 Digital sur Pexels

Comment garder un intérieur désencombré

Une fois notre processus de désencombrement terminé, il peut être tentant de revenir à ses anciennes habitudes après quelques temps. Pour éviter de te retrouver à nouveau envahie par les objets, voici quelques petites astuces simples que tu peux facilement mettre en place chez toi :

1— Bien ranger chaque chose à sa place

En rangeant ses choses de manière logique et ordonnée, on évite d’acheter d’autres objets similaires et donc d’accumuler inutilement.

2— Instaurer une routine de rangement

Pour éviter que les objets traînent à nouveau, il est important de consacrer quelques minutes par jour au rangement. De cette façon, nous avons moins l’impression d’être encombrés au quotidien et ne perdons pas toute notre fin de semaine à ranger. Il est donc préférable de ranger au fur et à mesure les objets qui traînent au lieu de reporter toujours à plus tard.

3— Appliquer la règle du «un qui entre, un qui sort»

La plus grande cause de désordre est que l’on continue à faire entrer de nouvelles choses chez nous sans en faire sortir. En appliquant cette règle, on évite ainsi d’accumuler et de se retrouver à nouveau envahie par les objets.

4— Garder un espace dédié au superflu

En ayant une boîte dédiée en permanence au superflu dans un placard ou un autre endroit chez soi, on peut ainsi y mettre au fur et à mesure les objets qui ne nous sont plus utiles. Une fois que la boîte est pleine, on propose les objets à nos proches, on les apporte à une friperie ou on les donne à un organisme de charité.

5— Ne jamais quitter une pièce les mains vides

Avant de quitter une pièce, prends l’habitude de regarder si tu y vois des choses qui ne sont pas à leur place. Si oui, est-ce qu’ils vont dans la pièce où tu te diriges? Sinon, peut-être que tu les rapproches de l’endroit où elles doivent être? En prenant cette habitude, tu ranges au fur et à mesure sans même t’en rendre compte!

Et toi : ressens-tu le besoin de désencombrer ton intérieur? À moins que tu ne l’aies déjà fait? Si oui, as-tu des trucs pour mener à bien cette tâche?

2 commentaires sur “Le bonheur de désencombrer

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