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(Re)tomber en amour avec la mode seconde main

Depuis quelques années, j’ai commencé à regarder du côté du seconde main pour certains morceaux de ma garde-robe. Mais ce n’est que depuis un an que j’ai réellement pris goût à la mode déjà portée, ou preloved comme on le dit si bien en anglais. Si mon immersion dans ce monde en pleine expansion s’est d’abord faite dans le but d’économiser, c’est aujourd’hui pour satisfaire mon goût de la mode tout en réduisant mon empreinte environnementale que je me tourne maintenant vers les vêtements seconde main.

Pourtant, nombreux étaient mes préjugés au début de mon aventure! Une aventure qui ne fait que commencer et à travers laquelle j’apprends tranquillement à me questionner davantage sur mes goûts, mes besoins et mon propre style, mais aussi, où j’expérimente sans culpabilité.

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Mes préjugés face à la mode seconde main

Avant d’y prendre goût, je dois t’avouer que je ne voyais AUCUN intérêt à acheter des vêtements déjà portés.

Tout d’abord, du plus loin que je me souvienne, j’associais l’achat ou le don de vêtements déjà portés aux pauvres. Je n’aime pas avouer ça… Mais c’est vrai. Quand des vêtements ne me faisaient plus ou que je n’en voulais tout simplement plus, on disait dans ma famille qu’on allait « les donner aux pauvres ».

Aussi, bien que j’ai dû me départir de certains morceaux parce qu’ils étaient rendus trop petits, je dois t’avouer qu’une des premières raisons pourquoi je donnais un vêtement était parce que je n’en voulais plus. Ceci a renforcé ma fausse croyance voulant que les vêtements seconde main étaient soit démodés, soit usés.

Sinon, je croyais que les quelques personnes qui fréquentaient les friperies pour le plaisir étaient des originaux ou bien des personnes en quête de vêtements vintages.

Contrairement à ce que je pensais, acheter seconde main ne signifie pas pour autant que les vêtements sont usés ou ont l’air usagés. J’ai été extrêmement surprise de constater le nombre de personnes qui revendent des vêtements qui n’ont jamais été portés… et portent même toujours l’étiquette du magasin!

Mine de rien, on achète aujourd’hui 5 fois plus de vêtements qu’il y a 20 ans. C’est énorme! Et pourtant, je ne crois pas que les gens du début ses années 2000 manquaient de vêtements pour autant… Je crois que ce phénomène est davantage relié à la surconsommation et au fait que la mode est plus éphémère et accessible que jamais. L’achat de vêtements en ligne, parfois provenant d’autres pays, contribue aussi selon moi au fait que plusieurs personnes revendent des vêtements jamais portés, soit parce qu’ils ont choisi la mauvaise grandeur, parce que la coupe n’avantage finalement pas leur silhouette ou encore parce qu’il est impossible ou difficile de les retourner.

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La mode seconde main : une tendance à la hausse

Le pourcentage de personnes qui achètent des vêtements seconde main est passé de 57% en 2013 à 72% en 2018. Au nombre des raisons qui expliquent cette hausse : la conscience environnementale des acheteurs, ceux-ci étant de plus en plus nombreux à être sensibilisés à l’impact environnemental de leurs choix de consommation.

Si tu aimes la mode (comme moi), probablement que tu te doutes qu’il s’agit d’une industrie extrêmement polluante. On n’a qu’à penser aux arrivages quasi hebdomadaires de nouveautés dans certaines grandes chaînes de magasins… Mais cette mode accessible et éphémère a un lourd prix au final : elle est en effet la deuxième industrie la plus polluante au monde, juste après le pétrole. Ce n’est pas peu dire! La production de vêtements serait à elle seule responsable de l’émission de 1,2 milliard de tonnes de CO2 par an, soit autant que les émissions des transports aériens et maritimes réunis, d’après une étude réalisée en 2017 par la Fondation Ellen MacArthur. De plus, selon Recyc-Québec, chaque personne jetterait environ 12 kilos de vêtements ou autres produits textiles chaque année. C’est donc dire qu’un peu plus de 95 000 tonnes de vêtements finiraient à la décharge, et ce, seulement au Québec.

Acheter davantage de vêtements seconde main permet donc :

  1. de réduire la pression sur les ressources de notre planète;
  2. de réduire la pollution associée à la production industrielle et au transport;
  3. de ne pas encourager l’augmentation de la production dans des pays où les conditions de travail sont désastreuses.

Même les matériaux dits naturels, comme le coton, ont parfois une empreinte environnementale très grande : emploi de pesticides, utilisation de teintures chimiques, pression sur les terres agricoles, appauvrissement des sols… On peut certes se consoler avec le lin et le lyocell tencel, mais il n’en demeure pas moins que ce n’est qu’une infime partie des vêtements offerts en boutique qui sont faits de ces deux matières.

Photo de Arianna Jadu00e9 sur Pexels.com

La mode seconde main pour développer sa créativité

Un autre aspect de la mode seconde main que j’affectionne, c’est qu’il me permet de jouer davantage avec la mode et son propre style. En fouillant bien, on est souvent capable de trouver des morceaux différents de ce que l’on trouve en boutique. On peut, par exemple, dénicher des vêtements ou accessoires vintages qu’on ne trouvera nulle part ailleurs. Ceci peut nous permettre de nous démarquer et d’affiner notre style.

Mode et style : quelle différence?

  • La mode est ce qui est considéré comme étant beau à un moment donné dans le temps. En gros, c’est une tendance avec une date d’expiration. C’est ce qui est porté par tout le monde ou presque.
  • Le style, lui, est personnel et intemporel. Il s’agit de la façon dont ont utilise les vêtements et la mode pour exprimer notre caractère unique et nous mettre en valeur. On le voit souvent dans les coupes ou les couleurs choisies ou encore dans les accessoires que l’on porte, mais aussi dans la superposition, les manches et rebords de pantalons roulés, le tucking (fait de rentrer une partie de notre chandail dans nos pantalons ou notre jupe), etc.

La mode seconde main offre un terrain de jeu encore plus vaste à celles qui savent manier l’aiguille et la machine à coudre. Il est alors encore plus facile de dénicher des trésors pour pas cher qui nécessitent uniquement quelques retouches pour nous faire comme un gant. Un vêtement trop grand peu par exemple être rétréci, ou alors, de petits défauts peuvent être corrigés ni vus ni connus. Sans parler des infinies possibilités de la personnalisation!

Photo de Burst sur Pexels.com

Où acheter seconde main?

Heureusement, de plus en plus plus d’options existent pour acheter des vêtements seconde main. Et le plus merveilleux, c’est qu’aux habituelles friperies se sont ajoutées de nombreuses options de magasinage en ligne au fil des années, plus particulièrement avec la Covid. Je reviendrai mettre cette liste à jour au fur et à mesure de mes découvertes, car je dois t’avouer que je commence à découvrir cet univers.

Les annonces MarketPlace

www.facebook.com/marketplace/

Facebook est mon premier réflexe pour trouver des objets usagés tout près de chez moi. C’est vraiment étonnant de voir tout ce que l’on peut trouver! Plusieurs personnes se départissent de vêtements portés une ou deux fois, ou même de morceaux jamais portés qui ne peuvent être retournés en magasin parce qu’il manque l’étiquette. Pour ma part, j’y ai déjà trouvé plusieurs très beaux hauts en excellent état.

Bon magasinage

www.bonmagasinage.com/

Cette plateforme québécoise est mon site préféré pour magasiner seconde main. On y retrouve des centaines de filles (et de garçons aussi) qui y revendent des vêtements qu’elles ne portent plus afin de leur donner une deuxième vie. Plusieurs fashionistas très connues sur Instagram y ont même un compte! Si tu aimes le style vestimentaire d’une des personnes sur cette plateforme, tu peux la suivre et recevoir une alerte dès qu’elle ajoute un nouveau morceau.

Ce que j’aime particulièrement de cette plateforme, c’est qu’on y retrouve un choix impressionnant de vêtements. Il est ainsi possible de chercher par type de morceau, par grandeur, par couleur, par marque, par prix…

Mais un aspect qui m’a vraiment surprise, c’est le côté beaucoup plus humain et chaleureux d’acheter seconde main. Par exemple, les deux fois que j’ai commandé sur ce site, j’ai reçu un joli petit mot personnalisé de la vendeuse. Une a même ajouté deux tiges de lavande séchées à mon paquet pour qu’il sente bon!

Poshmark

www.poshmark.ca/

Cette plateforme, aussi disponible sous forme d’application mobile, fonctionne de la même façon que Bon magasinage, à la différence qu’elle s’étend à la grandeur du Canada.

Womance second hand

www.womance.ca/collections/seconde-main

Lancée dernièrement, la section seconde main de la boutique en ligne Womance permet aux clientes de revendre des vêtements de la marque afin de leur donner une seconde vie. Au moment d’écrire ces lignes, il n’est malheureusement pas possible d’effectuer de recherche par grandeur, par couleur ou par type de produit. Même, il faut cliquer sur un produit pour voir de quelle grandeur il s’agit. J’imagine que ce sont des lacunes qui vont vite être améliorées et j’espère sincèrement que d’autres marques seront tentées d’emboîter le pas.

Vinted

www.vinted.fr/

Si tu vas (ou vis) en Europe, Vinted est la plateforme incontournable des fashionista en quête de mode seconde main! Plusieurs de mes abonnées Instagram de l’Europe me l’ont chaudement recommandée. Ça particularité : un peu comme Poshmark, cette plateforme de revente de vêtements déjà portés s’étend à la grandeur de l’Europe, permettant d’avoir un choix impressionnant.

Ding Fring

Une de mes abonnées Instagram de la France m’a aussi conseillé cette boutique. Il semble qu’il y en ait un peut partout à travers la France.

YWCA

www.ywcaquebec.qc.ca/ecoboutiques/

Les YWCA du Québec ont des écoboutiques où il est possible d’acheter des articles seconde main. En plus de faire des aubaines, l’argent amassé permet de contribuer au financement d’une bonne cause : leur service d’hébergement pour femmes en difficulté.

Les friperies en ligne

Il existe une grande variété de friperies en ligne. Les énumérer toutes ici serait impossible, mais voici tout de même une liste de quelques boutiques que je mettrai à jour au fur et à mesure de mes découvertes.

Kapara Vintage (Saint-Jean-sur-Richelieu)

Ginie Vintage

Raymond IV (Montréal)

Popeline (Montréal)

Featherstone Vintage (Montréal)

La Défroque (Val-Morin)

Mala Vintage (Montréal, tailles Plus)

L’Astucieuse friperie (Lévis)

Wabi-Sabi Vintage (Toronto)

Et toi, quelle est ta relation avec la mode seconde main? En espérant que cet article t’ai donné envie de considérer davantage le déjà porté lors de tes prochains achats vestimentaires!

Aussi, si jamais tu as d’autres suggestions de friperies en ligne ou de plateformes où acheter des vêtements seconde main, n’hésite surtout pas à mes les partager en commentaire.

0 commentaire

  1. AudreyL a dit :

    Super article, j’adore!

    1. Cynthia ღ blogue Rose avoine a dit :

      Merci beaucoup! 🙂 Contente que tu aimes!

  2. Merci pour le partage de ces Bonnes adresses, j’irais y faire un tour 😊

    1. Cynthia ღ blogue Rose avoine a dit :

      Contente que ça te plaise! 🙂

  3. Génial ton article! c’est drôle, il tombe pile au moment où j’utilise beaucoup les plateformes de seconde main!

    1. Cynthia ღ blogue Rose avoine a dit :

      Merci beaucoup! Contente que cet article tombe à point pour toi! 🙂

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